Chawan d’été et chawan d’hiver – Les bols des saisons
Dans la cérémonie du thé, le chawan est bien plus qu’un simple récipient : il est le complice du geste, le cadre de l’instant et le témoin silencieux des émotions. Les deux bols que nous vous présentons, d’été et d’hiver, se répondent comme deux voix complémentaires, petites par leur taille mais parfaites dans leur ergonomie et leur équilibre.
Chaque bol est tourné en grès, façonné pour épouser la main et offrir le confort nécessaire au rituel. Leur terre incrustée de cuivre capte la lumière et crée de subtils reflets chaleureux : le bol d’été s’épanouit en une esquisse de roseau, évoquant le souffle léger de l’air et le mouvement des herbes au bord de l’eau, tandis que le bol d’hiver s’orne d’une feuille de charme, ponctuée d’un rond délicat, rappelant la goutte de rosée ou le flocon sur la branche nue.
L’émail transparent, dans ces élans disparates et capricieux, donne vie à la surface : épaisseur, traînées et piquetés créent un relief tactile et visuel. Sur le bol d’hiver, ces caprices de l’émail rappellent la neige fondue, fragile et éphémère. Pour le bol d’été, les flocons glacés se transforment en gouttes de rosée, en pluie légère, capturant la lumière et les reflets du matin. Chacun devient un paysage, façonné par le hasard de la cuisson et la patience de l’artisan.
Prendre le bol en main, sentir le poids, effleurer la surface : ces gestes révèlent l’unicité de chaque chawan. Les variations de l’émail et les incrustations créent une poésie tactile et visuelle, offrant à la fois confort et contemplation. Ces bols incarnent ainsi le rythme du rituel, la saison et l’émotion, et deviennent de véritables compagnons du geste cérémoniel.
Et si l’on s’y attarde, ces deux chawan peuvent aussi devenir des paysages intérieurs. Ici, un marais , bruissant de roseaux et de feuilles flottantes. Là, une grenouille, gardienne discrète des eaux calmes. Ailleurs encore, les mousses blanches des alluvions, ou la trace d’un Kami qui se dérobe. Chacun peut y voir surgir une présence, une mémoire, un souffle : A l’imaginaire d’achever le décor que la matière esquisse !

