Techniques, matières et matériaux



La porcelaine
L’artisanat de la porcelaine repose sur un savoir-faire ancestral complexe. Celui-ci nécessite une grande maîtrise des matériaux et des techniques. De la préparation délicate de la pâte jusqu’à la cuisson finale pour obtenir l’aspect le plus lisse et translucide, propre à la matière, en passant par de multiples étapes. Le modelage au tour où la maitrise de la matière capricieuse est indispensable. Puis celle du respect des temps de séchage, nécessitant une vigilance toute particulière pour le fait main encore davantage. La première cuisson ou l’élément porcelaine se déforme sous la chaleur. La réalisation des émaux ou les composants sont pesés au milligramme ou l’onctuosité s’apprécie encore au toucher. Puis, après repos et touillage soignée, l’émaillage au trempage et à la louche. Un ensemble de techniques personnelles et de savoir-faire qui fait de ces pièces des œuvres uniques, marquées par le sillon du tour. Des pièces également marquées par la pression, la dextérité des mains de leur créatrice. La vigilance, l’application, la précision, le sens artistique sont des qualités requises.
Des pièces à observer à l’œil et au toucher, sous chaque angle pour en apprécier la beauté profonde. C’est le fruit d’une subtile association des valeurs de la perfection, qui classe l’objet au 1er rang. C’est l’imperfection subtile qui lui offre son caractère propre, son histoire.
Le grès roux
Le grès roux est un matériau naturel particulièrement apprécié dans la céramique d’art. Les potiers l’apprécient pour sa robustesse, son aspect brut, rustique, sa malléabilité et sa propriété de conservation des formes. Il tire sa couleur distinctive de la nature de l’argile qui le compose, souvent riche en oxyde de fer. Son grain, plus grossier que celui de la porcelaine, lui confère un caractère organique et chaleureux, en plus d’un maintien appréciable. Ton chaud, bonne résistance aux chocs, poreux. Il reste un matériau de choix pour les poteries utilitaires et la sculpture. Le grès est aussi un matériau qui vieillit bien. Il prend de la patine au fil du temps, ce qui fait qu’une pièce en grès roux peut être encore plus belle avec les années.
La technique de la terre incrustée
est un savoir-faire et une technique céramique qui consiste à intégrer une argile colorée ou un engobe directement dans la pièce. Le professionnel crée des motifs en relief ou en contraste. Ce procédé permet de personnaliser les créations avec des dessins fins, tout en offrant une texture et une profondeur uniques. L’incrustation est durable et résiste à l’usure.
Techniques de mosaïque adoptées
Mosaïques artisanales sur bois et céramique
Chaque mosaïque que je compose est une exploration du mouvement et de la lumière, une danse de tesselles colorées aux motifs symboliques simples. Je travaille à partir d’émaux de Briare, de miroirs et d’émaux de grès antique, en privilégiant une coupe aléatoire qui donne vie aux compositions, tout en les structurant parfois d’encadrements réguliers.
Les tesselles, souvent de petite taille, sont posées avec une grande minutie et jointoyées avec des joints discrets, réguliers et fins (1 à 2 mm), qui soulignent sans figer.
J’aime les couleurs franches, les compositions vivantes et les contrastes sensibles qui font vibrer la matière. Une mosaïque contemporaine enracinée dans l’héritage des opus antiques
Mes mosaïques s’inspirent profondément des techniques et des principes esthétiques développés dans l’Antiquité, notamment à travers les différents opus romains. Cet ancrage me permet de structurer une expression contemporaine, vivante et intuitive, tout en restant fidèle à une certaine rigueur artisanale.
Je travaille principalement à partir de trois grands modèles issus de la tradition antique :
- L’opus tessellatum, avec ses tesselles régulières, souvent carrées ou rectangulaires, constitue pour moi une base solide, un langage géométrique clair qui me permet de composer des motifs symboliques simples et lisibles. Ce cadre me donne une stabilité visuelle et une structure harmonieuse, notamment dans les bordures ou les encadrements de mes pièces.
- L’opus vermiculatum, plus subtil et fluide, guide mon travail de mouvement. J’emploie de petites tesselles aux découpes irrégulières qui épousent le contour des formes, afin de créer une dynamique intérieure à la composition. Cela apporte à mes mosaïques un rythme, une vibration, une circulation organique de la lumière et de la couleur. Ce style, historiquement utilisé pour des scènes fines ou des effets de dégradé, me permet d’explorer une écriture plus libre, sensible, presque musicale.
- En contrepoint, l’évocation de l’opus signinum, un mortier grossier et teinté, me permet de valoriser ma propre approche du joint fin, précis et discret. Là où l’Antiquité utilisait parfois des fonds bruts et massifs, je choisis la légèreté et l’élégance d’un joint minimal, qui accompagne la tesselle sans la dominer, soulignant ainsi la minutie du travail de pose.
Mon travail prend différentes formes : des tableaux plats sur bois, où le jeu de surface est frontal et graphique, et des mosaïques sur céramique tournée, dont le support courbe exige un ajustement patient et complexe. Cette deuxième approche est un véritable défi technique, où chaque tesselle doit trouver sa place sur un relief mouvant.
Ainsi, mes mosaïques naissent à la croisée de deux chemins : celui de la tradition antique, structurante, et celui de l’expression contemporaine, libre et colorée. À travers ce dialogue, je cherche à faire résonner la matière, entre ordre et mouvement.

