Ce que ce vase vous propose, c’est d’abord une scène suspendue, presque théâtrale ; une rencontre avec la fleur.
L’anémone pourrait y déployer ses pétales souples, blancs, légèrement rosés, son cœur de velours noir, imposant sa présence fragile mais intense.
Le camélia, quant à lui, arborant son rouge vif ardent, son rose profond, pourrait illuminer l’habitacle de son puissant charisme.
Et encore, la pivoine, délicate et soyeuse, ivoire, rosée, viendrait exprimer tendresse et douceur, exhalant sa fragrance subtile.
Chacune de ces fleurs pourrait offrir l’occasion pour ce vase d’afficher visage, air, style différent, créant un dialogue silencieux et vivant, entre couleur, forme et mouvement.
Ici, la première émotion.
![IMG_2562[1]](https://terredetoucheart.fr/wp-content/uploads/2025/08/IMG_25621-scaled.jpg)
A présent, approchez vous. Touchez du regard la matière.
Voyez ses parois lisses et brillantes ; masse aux sillons perceptibles.
L’opalescence de la porcelaine affleure, suspendue entre transparence et densité minérale.
Volumes, courbes captant la lumière. celle-ci soulignant force et douceur du cocon, glissant sur la surface, jouant avec les reliefs et les nuances.
Le regard s’attarde sur le détail.
Lignes fines de manganèse léger formant arabesques, gravées, incrustées dans la matière, rappelant les techniques japonaise du Mishima, tracent un réseau subtil.
Elles se croisent, s’entrelacent, et peu à peu un visage se dessine, puis un second, apparaissant, disparaissant selon l’angle, la clarté du jour l’enveloppant.
Le détail devient l’énigme : ce masque à demi révélé, oscillant entre présence et secret.
Enfin, prenez du recul pour observer l’ensemble.
![IMG_2803[1] petit](https://terredetoucheart.fr/wp-content/uploads/2025/08/IMG_28031-petit.jpg)
Le vase, élancé, silencieux, dense mais léger, son col ouvert à horizon pour qu’à chaque fleur de saison se renouvelle un heureux dialogue entre le minéral et l’organique.
« Profils » comme reflet d’une dualité : force affirmé, emplit de yang du camélia plein d’éloquence à la crinière fauve qui s’impose fermement, un jour d’octobre / force discrète et délicate, emplie de yin de la pivoine au bouton rond qui doucement s’ouvre, un jour d’Avril / force qui se cherche entre cœurs sombres et corolles fines de vives couleurs des plus variées, d’un bouquet de quelques anémones oscillant entre yin et yang ;trouvant en cet abri résonance singulière, prolongeant l’idée du masque, entre révélation et mystère, un jour de Juin.
Et comme à chaque jour suffit sa peine, regards obtus, courbes tremblantes, le voici qui s’effacent doucement, à mesure que le soir s’affirme, s’étiolant sans plainte, grimaçant toutefois, semble t-il, au soleil rougeoyant qui baisse tel un rideau, questionnant son maître : Sous quel angle devrait-je envisager demain ?

